Que vous soyez client fidèle ou que vous veniez de nous découvrir, je vous adresse mes vœux de santé et de bonheur ainsi que mes remerciements pour l’attachement que vous avez pour notre travail et notre petite boutique.
Tel le Janus des Romains, le mois de janvier nous fait passer une porte, celle de l’année qui commence, celle des choix à faire, des décisions à prendre, des espoirs à concrétiser.
Défenseur des vins authentiques et naturels depuis maintenant 12 ans au Vin des Alpes, je compte sur cette expérience pour vous offrir (si Janus et tous les dieux de l’univers me l’autorisent) mes vins les plus sincères pour 2026 !

A l’aune de l’état du monde en 2025 et de l’inquiétude légitime de ce que 2026 risque de nous apporter, à nous-mêmes et à nos sœurs et frères humains sur cette planète, ce souhait pourrait sembler bien dérisoire.
Cela dit, si l’on y réfléchit bien, à quoi sert le vin ? Les réponses sont chimiques et médicales certes, et surtout anthropologiques.
Comme le souligne le professeur Fabrizio Bucella, le vin est apparu en même temps que naissait l’agriculture au Moyen-Orient et a accompagné « la construction de l’humanité » qui s’est opérée à partir de cette époque. Il a été une boisson du monde méditerranéen pendant plusieurs millénaires, dans lequel il a tenu des rôles rituels, religieux, et sociaux de première importance.
Aujourd’hui, les choses ont changé, le vin est cependant resté « un régulateur social. Il permet de dire des choses, d’exprimer des émotions, de casser une certaine timidité ». C’est un vecteur de plaisir socialisé, l’ouverture d’une bouteille est le signe que la socialisation circule entre les personnes présentes, hors du temps du travail ou des contraintes.*
Pour le poète perse Omar Khayam* le vin représente la joie, l’amour, qu’il soit divin ou sensuel, mais boire du vin et le célébrer était aussi un acte de liberté individuelle et de rébellion humaniste contre les dogmes et les dévots hypocrites.
Pour celles et ceux qui en ont envie (de plus en plus nombreux alors que la consommation baisse – quel paradoxe !), le vin aide à se centrer sur ses sensations, à préciser ses ressentis, et d’autre part à mieux comprendre le produit derrière la boisson. Comme s’il était important de retrouver le lien au fruit, à la plante, à la terre, peut-être parce que nos racines agricoles nous semblent aujourd’hui bien lointaines. De plus en plus de buveurs vont chercher le savoir derrière les saveurs. Nicolas Boileau le disait déjà au 17ème siècle :
« Philosophes rêveurs, qui pensez tout savoir,
Ennemis de Bacchus, rentrez dans le devoir:
Vos esprits s’en font trop accroire.
Allez, vieux fous, allez apprendre à boire.
On est savant quand on boit bien:
Qui ne sait boire ne sait rien. »
Pour le dire autrement, écoutons de nouveau Omar Kayam :
« Le vin est un grain de beauté sur la joue de l’intelligence ».
*Jean-Pierre Corbeau, professeur en sociologie de la consommation et de l’alimentation à l’Université de Tours
*Omar Kayam, astronome, mathématicien, philosophe et poète. Mort en 1131 à Nishapur (actuel Iran).

